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BerlinCapitale réunifiéeTextes et photos
3400000 habitants; une superficie égale à 9 fois Paris; 38 km du nord au sud et 40 km dest en ouest. Plus de 5500 km de rues; 15000 hectares de forêts; 150 lacs et étangs. Des musées, galeries, opéras et orchestres de renommée mondiale. Berlin est la ville des superlatifs. Destinée dans les plus sombres années du siècle dernier à devenir «Germania», la capitale du monde, Berlin a sombré en 1945. Réduite en cendres, décimée puis divisée plus de 40 ans, Berlin renaît en 1990, année de la réunification. Après 15 ans dun chantier colossal et des centaines de millards de francs investis en reconstructions et transformations, cette métropole, capitale pour la sixième fois de son histoire, offre enfin une image à nouveau cohérente, fascinante et dynamique. Daucuns seront époustouflés par le subtil contraste entre architecture ultra-moderne et classicisme, la magnificence de ses musées et la richesse de la vie musicale, dautres charmés par labondance de ses cafés débordant de jeunesse et par la sensibilité et lhospitalité des Berlinois.
Article paru en Septembre 2004 |
De l'unification ! la réunification Lhistoire débute à la fin du XIIIè siècle, lorsque deux petites bourgades, Berlin et Cölln décident dunir leurs destins. Bâties sur deux îles de la Spree, la nouvelle ville de Berlin-Cölln va vite connaître un essor économique important. Idéalement située sur les deux axes commerciaux nord-sud et est-ouest, elle devient vite un nud de trafic et une plaque commerciale dominante. La ville double devient à partir de 1411 la résidence de lélecteur du Brandebourg, Frédéric de Hohenzollern, premier prince dune dynastie qui régnera près de cinq siècles, jusquen 1918. Les immigrants affluent et la ville croît rapidement. Il ne reste aujourdhui quasiment rien de la ville médiévale, dont le centre se situait près de léglise St.-Nicolas et de lancien marché, entre lactuelle gare de Hackescher Markt et le pont Jannowitz; Cölln a été ensevelie sous le bitume et le béton des constructions de lex-RDA, alors que Berlin a perdu ses derniers grands vestiges dans la restructuration, dans les années huitante, du quartier est de Saint-Nicolas. La Guerre de Trente ans qui débute en 1618 va être terrible pour la ville. La peste et les énormes contributions aux belligérants vont ruiner le commerce et lartisanat. Près de la moitié de la ville est détruite et lon ny compte plus que 6000 âmes. Frédéric-Guillaume, «Le Grand Electeur», dans son dessein de mettre en place un nouvel Etat unique, va renforcer son pouvoir au détriment de celui de la noblesse et des villes. Des manufactures sont créées et le système de navigation sur la Spree intensifié, afin de faire de Berlin-Cölln une nouvelle ville commerciale et industrielle; la reconstruction de la ville obéit à de nouvelles réglementations strictes en matière dhygiène et de protection contre les incendies. La ville sétend vers louest avec la création de laxe du Kurfüsrstendamm, jadis chemin conduisant au pavillon de chasse du château, situé tout à louest de la ville. Les colons affluent, apportant non seulement une force économique, mais aussi culturelle et scientifique à la ville. A la mort de Frédéric-Guillaume, en 1688 Berlin-Cölln est une ville moderne de plus de 20000 habitants, aux bases désormais solides, pilier du futur état des Hohenzollern.
A son emplacement fut construit en 1976 le Palast der Republik, un édifice monumental et disgracieux de verre fumé, de métal et de marbre, qui enlaidit depuis la perspective dUnter den Linden. Rongé par lamiante, fermé, le colosse socialiste nest plus quun squelette de poutres métalliques inhabité, qui sera prochainement détruit; lancien château devrait être reconstruit à lidentique; les Berlinois ont eu loccasion dadmirer leur futur «ancien» château en 1993, lorsque furent érigés des échafaudages soutenant dimmenses fresques en trompe lil et à la taille réelle de lancien château, donnant lillusion que ce dernier existait toujours. Cette technique est également utilisée pour présenter la future reconstruction de lancienne Académie darchitecture. Le successeur de Frédéric 1er, Frédéric-Guillaume 1er, appelé «Le Roi-Sergent» et principalement intéressé par la puissance militaire de létat prussien. Il va, dès 1713, sattacher à fortifier la ville et à développer une économie utile au domaine militaire. Une enceinte fortifiée de 16km, dont il ne reste rien, est élevée autour de la ville. Les nombreuses dénominations qui portent à Berlin le nom de « Tor » (porte), font références aux portes de cet ancien rempart (Neues Tor, Potsdamer Tor) et bien sûr la Brandeburger Tor, la Porte de Brandebourg, seule porte ayant été préservée. Lavènement au pouvoir de Frédéric II marque en 1740 le début du siècle des lumières à Berlin. Lart, la culture, la science et la recherche connaissent une prospérité importante, sous linfluence dun souverain très attaché à lart, bien quil continue dadministrer son Etat dune main de fer. La fin du 18è siècle est une époque de prospérité culturelle pour Berlin. De nouvelles académies, écoles et salons littéraires font de la ville un centre culturel et intellectuel au rayonnement de plus en plus important. A laube des guerres napoléoniennes, Berlin est désormais une grande capitale au niveau européen, forte de 150000 habitants. Cette époque est marquée par de splendides et grandioses réalisations: les tour du Gendarmenmarkt de larchitecte von Gontard, à qui lon doit aussi les colonnades du Spitelmarkt.
Outre la splendeur de ses réalisations, Schenkel se distingue par lessence même de ses théories architecturales, à savoir quil se base sur des ouvrages existants quil transforme en oeuvres nouvelles et originales. Cette théorie, extrêmement moderne, prend aujourdhui tout son sens et Schenkel est considéré comme une référence lors des discussions relatives aux aménagements du Nouveau Berlin. De la tour de la télévision ou de lironie du sort... L Lorsquelle fut terminée en 1969, le régime constata avec horreur que dès que le soleil éclairait la ville, une splendide croix de lumière scintillait sur la sphère centrale, symbole finalement bien peu représentatif du régime ! On essaya bien de polir la sphère, de la dépolir, de la brosser, de la matifier. Rien ny fit, la croix continuait de briller avec insolence... Banal aux yeux du physicien, ce phénomène le fut beaucoup moins pour les Berlinois; ils le surnomèrent «La Vengeance du Pape»... A partir de 1830 et comme ailleurs en Europe, les tensions sociales montent, causées par une révolution industrielle au développement trop rapide et du mécontentement des citoyens toujours privés de leur constitution. La révolution de 1848 aboutira enfin à la création de cette constitution. La Prusse devient une monarchie constitutionnelle. La démographie explose; Berlin attire une foule dimmigrants à la recherche dun travail. La ville compte plus de 800000 habitants en 1860, causant bon nombres de problèmes urbains. La défaite de la France lors de la guerre de 1870 voit lavènement de lEmpire allemand; le nouveau rôle de Berlin en tant que capitale de lempire lui impose de se doter dinfrastructures administratives beaucoup plus importantes. Les milliards de francs versés par la France pour réparation de guerre vont favoriser le boom économique. Les assurances et les banques fleurissent. Les quartiers sont réorganisés, bouleversant le paysage urbain ; on regroupe les activités: quartiers des diplomates, des banques, de la confection, de la presse. Berlin entre dans lère du wilhelminisme, du nom de Guillaume II, dernier empereur, et qui va se manifester par la construction de bâtiments somptueux, aux façades richement décorées. Larchitecture devient lexpression symbolique du pouvoir impérial. La ville pousse vers louest pour héberger la moyenne et la grande bourgeoisie.
A la fin de la première guerre mondiale, Berlin devient la capitale de la première démocratie allemande, la république de Weimar. Le «Grand Berlin » naît par le regroupement de plus de 70 villes et communes. Charlottenburg, Wilmersorf, Spandau, Lichtenberg, Neukölln, Köpenick et Schöneberg se voient intégrés à la commune de Berlin, préfigurant les divisions administratives daujourdhui.
Cependant, dès le début de la guerre, la majorité des nouvelles constructions est constituée par les bunkers. La guerre est catastrophique pour Berlin, bombardé dès 1940, et provoque la mort et lexode de dizaines de milliers de Berlinois. Conquise dabord par larmée russe, les Américains Anglais et Français arrivent ensuite à Berlin et la ville est découpée en 4 secteurs, basés sur les arrondissements créés en 1920 pour le « Grand Berlin ». Ce découpage rend la reconstruction et ladministration de la ville extrêmement difficiles. Berlin devient un enjeu de la guerre froide qui débute alors. Alors que louest bénéficie du plan Marshall, lest ne bénéficie daucune subvention pour sa reconstruction. La crise saccroît en 1948 lorsque les Russes imposent le blocus de Berlin-Ouest. Le pont aérien entre Berlin-Ouest et le monde extérieur resserre les liens entre les alliés.
Après la création de la RFA et de La RDA, en 1949, Berlin-Est devient à nouveau capitale, mais de Berlin-Est seulement. La partie ouest nest plus quun Land de lAllemagne fédérale. Durant les années 1950, plus de 3 millions dAllemands de lest vont fuir leur pays et le mur, long de plus de 200 km et ceinturant Berlin-Ouest, sera construit pour contenir cet exode. Dès lors, le développement de Berlin va seffectuer conjointement de chaque côté du mur, comme sil sagissait de deux villes indépendantes. Dimportantes démolitions sont effectuées des deux côtés du mur. LAlexanderplatz devient le centre de lest, tandis que le quartier situé entre le zoo et le Kurfürstendamm devient le centre de louest. Lanarchie des constructions effectuées à lest à cette époque sont au centre du grand chantier entrepris dès 1990, suite à la chute du mur et à la réunification de lAllemagne et de Berlin, qui redevient pleinement capitale de lAllemagne à partir de 2001. Balade dans le plus grand chantier du monde
Le deuxième modèle lemporta, en tout cas dans la partie est-allemande. Des projets beaucoup moins «conformistes» furent retenus pour la Potsdamer Platz et les berges de la Speer. Il est vrai que dans le cas de la Potsdamer Platz, située en partie dans le no-mans land imposé par le mur, ces projets avaient beacoup moins à saccomoder de la présence de constructions voisines antérieures.
Autre passage obligé, la Potsdamer Platz; le choc est assuré pour tous ceux qui ont connu cette place il y a 20 ans à peine. Dun terrain vague lugubre, elle est aujourdhui bâtie de splendides tours dacier, de brique et de verre, sièges notamment de Daimler Chrysler et de la Deutsche Bahn. Le Sony Center est étonnant daudace, protégé par son toit spectaculaire rappelant le Fuji Yama. Malgré le modernisme futuriste de ce quartier, lHistoire réapparaît soudain à un angle du bâtiment de verre; une salle entière de lEsplanade, hôtel de luxe wilhelminien a été intégrée au bâtiment après un déplacement «en un seul morceau» épique. Et ce nest pas fini. Berlin va encore changer. Dans quelques mois sera inaugurée la nouvelle gare centrale, majestueuse arche de verre, redonnant à Berlin le rôle de plaque tournante du trafic européen, un de ses tout premiers atouts lors de sa première unification, à la fin du XIIIè siècle. Berlin aime définitivement lHistoire. Des centaines de projets attendent encore dêtre réalisés. Des musées réouvriront, comme le musée Bode et plus tard le Nouveau Musée, le château sera très certainement reconstruit. Espérons que le coût pharaonique de ces réalisations - on articule le chiffre vertigineux de 2000 milliards de francs - ne porte pas le coup de grâce aux développements futurs. Balade au cur des musées berlinois
LAncienne Galerie Nationale, premier musée à avoir été rénové, à réouvert ses portes en automne 2001. Conçu par Stüler, construit en 1858 grâce à une donation de Joachim Heinrich Wagener, il abrite sur trois étages les chefs-duvre de la peinture européenne du XIXè et début du XXè siècle; on y retrouve Wilhelm von Schadow, Franz Krüger, Moritz von Schwind, Adolf von Menzel, Max Liebermann ou encore Gustave Courbet. Le musée possède également une très riche collection dimpressionnistes français : Cézanne, Renoir, Manet, Monet ou encore Lesser Ury, initiateur de limpressionisme en Allemagne.
Parmi les pièces maîtresses du Musée des Antiquités figure «LAutel de Pergame» dédié à Zeus et Athéna; il fut découvert entre 1878 et 1886 à Pergame en Turquie. Les éléments de lautel furent envoyés à Berlin et la reconstruction dura jusquen 1902. Aujourdhui encore, les fouilles se poursuivent sur le site archéologique, en vue de sa reconstruction totale. Seconde pièce denvergure, «La porte de lAgora de Milet» datant de 165 après J-C. Témoin important de larchitecture romaine; elle se compose de deux colonnes monolithiques de granit rose égyptien issues du temple de Jupiter Héliopolitain, Aphrodite et Hermès dont la constuction remonte au Ier siècle av. J-C. En outre, le musée abrite une reconstruction du Propylon à deux niveaux de la stoa du temple dAthéna à Pergame. Le Musée dArt Islamique fut créé en 1904 suite au don de la riche collection de tapis orientaux de Wilhelm von Bode; il fit par la suite lacquisition de pièces de choix, notament la «Sammlung islamischer Kleinkunst» de Friedrich Sarres, les fonds dart islamique du Kunstgewerbemuseum ou encore la «Façade du palais de Mshatta» offerte à Guillaume II par le sultan Abdülhamid II. Longue de 45m, elle fut découverte en 1903 en Jordanie et faisait partie dun ensemble de résidences fortifiées construites pendant la période omeyyade (661-750). Le Musée du Proche-Orient est lun des plus réputés en matière dArt oriental, au même titre que le British Museum ou le Louvre. Ses deux pièces maîtresses sont la Porte dIshtar et la Voie des processions de Babylone, remontant au règne du roi de Babylone Nabuchodonosor II, vers 580 av. J-C. Le majestueux Altes Museum, construit en 1830 par Frédéric Guillaume III sur des plans de Schinkel renferme la collection darchéologie de petit format; les oeuvres monumentales étant exposées au Musée de Pergame. Lessentiel de la collection est consacrée à lhistoire de lart et de la civilisation grecque, lart romain nest représenté que par quelque pièces; quant à lart étrusque, clé de voute de la collection, il ne sera visible quaprès une rénovation générale du bâtiment. Notons parmi les pièces intéréssantes de la collection un bronze exécuté en 300 av. J.C à Rhodes dit du «Jeune garçon implorant», un buste en marbre de Jules César datant du 1er siècle av. J-C. ou encore les portraits de momie (140 après J-C.) les sarcophages de Cafarelli et Rinucci et la mosaïque dune famille de Centaures combattant des animaux sauvages. A quelques pas de lÎle des Musées, ne manquez pas le Musée historique allemand, sis dans lancien arsenal prussien, doté de la façade baroque la plus belle de Berlin, uvre dAndreas Schlütter. En 2002 une annexe du musée destinée à accueillir des expositions temporaires a vu le jour. Elle est luvre de larchitecte Leoh Ming Pei, bien connu pour avoir réalisé la Pyramide du Louvre à Paris. Le musée réouvrira dès cet automne ses collections permanentes qui auront pour vocation dexpliquer et de faire connaître lhistoire allemande et européenne. Lexposition sétendra sur trois étages de lArsenal, soit près de 10000 m2, où seront présentés des objets historiques depuis la Grande Invasion jusquà la période contemporaine dans des contextes variés suivant un fil conducteur reliant les périodes clés de lhistoire allemande et européenne. Le Musée Egyptien de Berlin possède lune des plus anciennes collections royales dart. Elle présente en particulier les trésors trouvés lors des fouilles entre 1911 et 1914 à Amarna, la capitale dAménophis IV Akenaton. La pièce maîtresse de la collection est sans nul doute le buste polychrome, en calcaire et en plâtre stuqué de la reine Néfertiti, célèbre dans le monde entier. Parmi les autres uvres, citons: la Tête dune statuette de la reine Tiy, le relief «Promenade au jardin», la Tête Verte de Berlin ou la Porte monumentale du Temple de Kalabsha. La collection compte également un double cercueil en bois contenant un corps momifié. La collection de papyrus est illustrée par un large choix de textes littéraires et de documents rédigés en différentes écritures et langues.
Dautres musées métirent plus quun simple détour: Le Musée dEthnographie, le Musée de la Poste et des Télécommunication, le Musée Juif ou encore le Musée The Story of Berlin situé au Kudamm et qui vous permet de revivre lhistoire de Berlin de ses débuts jusquà nos jours; le Musée Allemand des Techniques et des transports, le musée du mur, situé à lemplacement du célèbre CheckPoint Charlie. Vous y revivrez avec énormément démotion lhistoire du mur, de ses victimes, des drames quil a suscités. Vous découvrirez toutes les astuces et inventions trouvées par les Berlinois de lEst pour tenter de gagner lOuest. Noubliez pas de prendre une bonne bouffée dair frais en allant vous balader au Jardin Zoologique, immense parc situé en plein coeur de la ville et réputé dans le monde entier pour la richesse des espèces quil héberge, avec près de 15000 animaux. Quelques notes de musique
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